L'eudémis de la vigne (Lobesia botrana) (Lepidoptera : Tortricidae) est actuellement réglementé au Canada comme ravageur de quarantaine en vertu de la directive D-95-08 intitulée Exigences générales visant l'importation de fruits tempérés frais en provenance de toutes les régions du monde. Il est également réglementé à ce titre aux États-Unis (où il est la cible de mesures d'éradication en Californie) et au Chili (où il fait l'objet de mesures de lutte officielles). Il est aussi réglementé en Argentine, en Australie, en Chine, en Corée, en Nouvelle-Zélande et à Taïwan.
Le raisin (Vitis vinifera) est le principal fruit hôte de l'eudémis de la vigne. Le ravageur s'attaque cependant à plusieurs autres végétaux ou produits végétaux, dont le romarin (Rosmarinus officinalis), la scille maritime (Urginea maritima), les fruits à noyaux du genre Prunus, la grenade (Punica granatum), les gadelles et les groseilles (Ribes spp.) et les mûres et framboises (Rubus spp.)
La femelle (figure 1) pond normalement ses oeufs individuellement sur les raisins, mais elle peut également les déposer par petits groupes de deux ou trois sur les fleurs ou les tiges de la vigne. Durant sa vie, la femelle peut pondre plus de 300 oeufs, à raison d'environ 35 oeufs par jour. L'éclosion survient de sept à onze jours suivant la ponte au printemps, mais seulement de trois à cinq jours après la ponte en été.
Les chenilles de la première génération se nourrissent de bourgeons et de fleurs, tandis que celles des générations subséquentes s'attaquent aux raisins. Chez la première génération, la nymphose s'effectue à l'intérieur du fruit ou dans une feuille repliée. Les chrysalides passent l'hiver sous l'écorce ou dans des fissures des tiges de plantes ligneuses. Les premiers adultes émergent en avril ou en mai, et ceux des dernières générations, en août et en septembre. Le développement est inhibé à des températures inférieures à 10,5 °C.
Oeuf (figures 5 et 6) : L'oeuf
Les oeufs sont généralement déposés individuellement, plus rarement par petits groupes de deux ou trois.
Chenille (figures 7 à 10) : La chenille présente les caractéristiques suivantes :
À maturité, les chenilles mesurent de 10 à 12 mm de longueur sur 2 mm de largeur. La vie larvaire comporte normalement cinq stades.
Chrysalide (figures 3 et 4) : La chrysalide :
Le cocon est fait de fils de soie d'un gris-blanc et mesure de 8 à 10 mm de longueur sur 3 mm de largeur.
Adulte (figures 1 et 2) : L'adulte présente les caractéristiques suivantes :
Les ailes postérieures sont blanches, grisonnantes vers le sommet et frangées d'écailles grises. La tête et le thorax sont blancs, se teintant de brun; l'abdomen est gris; les antennes sont simples et filiformes.
Les inspecteurs doivent être à l'affût de restes de fleurs ou de fruits montrant des dommages superficiels. La présence de fruits partiellement dévorés ou ratatinés ou de fruits pourris contaminés par des déjections larvaires est un important signe d'infestation. Comme les chenilles se nourrissent à l'intérieur des raisins, les dommages causés aux fruits peuvent devenir apparents seulement lorsque les chenilles ont atteint une grande taille ou lorsque les populations de larves présentes sont élevées. L'utilisation d'une loupe peut se révéler nécessaire pour la détection des jeunes chenilles.
Sur le matériel de pépinière ou les vignes, les inspecteurs doivent rechercher des chrysalides hivernant dans leur cocon sous l'écorce et dans des anfractuosités sur les tiges. La présence d'abris de soie reliant quelques fleurs ensemble et de déjections peut également être un signe d'infestation (figure 11).

Fig. 1. Adulte

Fig. 2. Adulte (photo : Andrea Lucchi)

Fig. 3. Chrysalide en diapause hivernale (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 4. Chrysalides : femelle (en haut), mâle (en bas) (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 5. oeuf sur une inflorescence de vigne (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 6. oeuf sur un bourgeon floral (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 7. Chenille du premier stade (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 8. Chenille du deuxième stade (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 9. Chenille du quatrième stade (photo : Bruno Bagnoli)

Fig. 10. Chenille du cinquième stade (photo : Bruno Bagnoli)
